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En bref, ce que vous allez découvrir aujourd’hui

L’investisseur moyen doit changer son approche aux placements.

Lorsqu’il investit en actions, il sous-performe en effet le marché actions de 1,3% à 4,6% par an !!

Les principales erreurs qui coûtent cher à l’investisseur particulier sont:

  • acheter et vendre trop souvent 
  • avoir trop confiance en ses connaissances et ses opinions
  • être trop exposé aux actions et ne pas suffisamment diversifier ses placements
  • vendre ses positions gagnantes et conserver ses positions perdantes
  • investir dans des produits financiers qu’il ne comprend pas suffisamment

L’erreur est humaine

Vous souhaitez commencer à investir ? Ou vous investissez déjà et êtes déçu de vos résultats ?

Dans ce cas, un excellent point de départ serait de vous immuniser contre les erreurs que commettent la grande majorité des investisseurs particuliers.

Histoire de gagner du temps et d’apprendre des erreurs des autres plutôt que de les commettre par soi-même…

J’ai donc listé pour vous les principales erreurs récurrentes des investisseurs particuliers.

Et ce n’est pas mon opinion ou mon ressenti.

Ces erreurs ont été recensées dans de nombreuses études académiques et ont été identifiées en analysant le comportement de milliers d’investisseurs à travers le monde.

Les erreurs de l’investisseur particulier lui coûtent très cher

Annonce choc: l’investisseur moyen gagne chaque année, avant frais, entre 1,3% et 4,6% de rendement de moins que le rendement d’un large portefeuille d’actions diversifiées [1].

Sa manière d’investir le pénalise fortement et lui fait perdre une part importante de rendement.

Comprenez bien ce que cela veut dire : si l’investisseur particulier achetait simplement un large portefeuille diversifié d’actions sans y toucher pendant des années, il améliorerait son rendement de 1,3% à 4,6% par an par rapport à sa manière actuelle d’investir.

Si vous investissez 20.000 euros, cela améliorerait votre rendement d’un montant compris entre 260 et 920 euros par an.

Adaptez cela au montant que vous comptez investir.

Multipliez par le nombre d’années que vous avez devant vous.

E vous arrivez très vite à des sommes considérables.

Une multitude d’études ont démontré cette sous-performance de l’investisseur par rapport au marché des actions dans son ensemble.

La banque américaine JP Morgan confirme que l’investisseur particulier sous-performe les marchés actions (entre 3,1% et 4,6% par an selon qu’on se compare aux actions européennes ou américaines).

Par ailleurs, une étude de Morningstar démontre que l’investisseur particulier, entre 2003 et 2013, a sous-performé tous les marchés actions imaginables, de 2,49% par an en moyenne.

Equity = actions, Returns gap = différence entre le rendement de l’investisseur et celui du marché

Après avoir montré que l’investisseur particulier sous-performe tous les marchés actions sur 10 ans, voyez ci-dessous la démonstration qu’il a également sous-performé tous les horizons de temps envisageables, de 1 an à 30 ans…

On constate des sous-performances annuelles comprises entre 2,5% et 6%.

Source : Real Investment Advice tirant les données de « Dalbar Quantitative Analysis of Investor Behavior 2018 ». S&P 500 = Indice des 500 plus grandes sociétés américaines (= « le marché actions U.S.»), Performance lag = retard de performance de l’investisseur particulier

“Oui mais je connais quelqu’un qui…”

Les optimistes vous diront qu’une petite minorité d’investisseurs parvient tout de même à battre le marché et à générer un peu plus de rendement.

C’est vrai, il y aura toujours quelques exceptions.

Mais elles ne peuvent être l’arbre qui cache la forêt.

Au regard des résultats des études présentées ci-dessus.

Et au regard de la sous-performance systématique de l’investisseur moyen.

J’ai listé les 10 principales erreurs des investisseurs particuliers qui l’amènent à sous-performer de la sorte.

En les évitant, vous aurez fait un grand pas dans la bonne direction.

Et vous augmenterez presque mécaniquement le rendement de vos placements.

Notez que ces erreurs peuvent avoir trois conséquences possibles :

  • diminuer le rendement réalisé,
  • augmenter le risque pris,
  • ou les deux.

1. Etre trop actif : diminue le rendement

Beaucoup de succès peut être attribué à l’inactivité.

La plupart des investisseurs ne peuvent pas résister à la tentation d’acheter et vendre en permanence.

– Warren Buffet –

Nous l’avons vu, en se contentant de conserver passivement un portefeuille d’actions largement diversifié, l’investisseur peut déjà améliorer son rendement de 1,3% à 4,6% par an.

C’est en quelque sorte la valeur de l’inactivité.

Mais au-delà de cela, les chiffres sont encore pire pour l’investisseur le plus actif, celui qui passe de nombreux ordres d’achat et de vente de titres.

Celui-ci sous-performe les marchés de 10,3% par an !! [2]

C’est énorme !!

Ce résultat a été obtenu en analysant le rendement de plus de 60.000 comptes de placements sur une période de 6 ans.

Récapitulons: si vous êtes un investisseur “moyen”, vous sous-performez notablement et durablement le marché actions.

En cause ? Vous êtes trop actif.

Et si vous êtes parmi les investisseurs les plus actifs, vous sous-performez encore davantage.

En l’occurrence, une sous-performance de 10,3% par an qui amène le rendement final des investisseurs les plus actifs en territoire négatif.

Un comble quand on investit sur une classe d’actifs qui rapporte +/- 10% par an de moyenne.

Une bonne partie de cette sous-performance s’explique par les coûts de transaction (frais de transaction, taxes sur les opérations boursières, spread bid-ask).

Retenez donc qu’il existe une forte corrélation négative entre la fréquence des actes d’achat et de vente et le rendement net obtenu par l’investisseur.

Etude de l’AMF sur les comptes les plus actifs

Une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF France) sur les comptes de trading a également épinglé ce lien contraire entre rendement réalisé et nombre de transactions effectuées.

Qu’est-ce qu’un compte de trading ?

C’est un compte comme un autre sauf que l’investisseur i) est très actif car il passe beaucoup d’ordres d’achat et de vente et ii) utilise des produits financiers plutôt que des actions pour investir.

Et les résultats de cette étude sont sans appel…

TOUTES les catégories de traders particuliers sont perdantes.

Et au plus le trader est actif, au plus son résultat se détériore.

On voit bien le lien contraire entre nombre de transactions réalisées et rendement réalisé.

L’AMF a ainsi révélé que 89% des traders particuliers sont perdants sur une période de 4 ans…

Alors, qui veut en être ?

2. Ne pas conserver ses positions suffisamment longtemps : diminue le rendement

Il est difficile de savoir exactement combien de temps un investisseur conserve en moyenne ses positions avant de les revendre mais différentes études mentionnent des durées moyennes de détention comprises entre un an et demi [3] et 4 ans [4].

Quoi qu’il en soit, cette durée est trop courte pour un investissement en actions.

Et cela n’est pas motivé par des besoins soudains de liquidité ou une révision de l’analyse de marché mais plutôt par des considérations émotionnelles et/ou la conviction de posséder une capacité à anticiper les mouvements du marché.

3. S’imaginer être un investisseur plus malin que la moyenne: diminue le rendement et augmente le risque

Le marché est composé de dizaines de milliers d’intervenants.

Vous êtes l’un d’eux.

Réaliser le rendement moyen du marché est assez simple : il suffit d’acheter et conserver un portefeuille largement diversifié d’actions.

Cela peut être fait très facilement en achetant des fonds passifs de type ETF dont je vous parlerai en long et en large dans de prochains articles.

Alors pourquoi les investisseurs ne le font-ils pas ?

Sans doute parce qu’ils pensent pouvoir faire mieux en sélectionnant eux-mêmes leurs actions et en étant plus actif, non?

Sauf que, pour faire mieux que la moyenne, il faut être meilleur que la moyenne.

Et ce, chaque année, de manière répétitive.

Mais cela, ce n’est pas donné à tout le monde.

Loin de là.

Même si certaines études ont montré que les meilleurs investisseurs particuliers sont en effet capables de dégager une performance supérieure à celle du marché, malheureusement pour eux, en moyenne, celle-ci permet uniquement de couvrir les frais de transaction [5].

Le surplus de rendement durement généré leur permet donc de payer les frais de transaction et d’enrichir leur courtier…

Il n’y a donc pour la majorité d’entre nous aucune raison de s’époumoner à essayer de faire mieux que le marché des actions dans son ensemble.

Les personnes qui considèrent s’y connaitre en placements passent plus d’ordres, pensant être capables d’avoir un timing d’achat et de vente efficace [6].

Mais ce n’est en réalité pas le cas.

Et comme vous l’avez vu, au plus on passe d’ordres, au plus on paie de frais et au plus on pénalise son rendement.

Se surestimer amène à être plus actif ce qui se traduit par de moindres rendements.

4. Ne pas être suffisamment diversifié : augmente le risque

Non seulement les investisseurs particuliers ne se concentrent souvent que sur des placements en actions, en omettant d’investir par exemple en obligations, mais en plus ils ne diversifient pas assez leurs placements en actions.

Ceci peut être le reflet d’un manque de connaissances en gestion de portefeuille ou d’une volonté de booster le rendement en faisant quelques « paris ».

Comme nous l’avons vu, concentrer votre portefeuille sur quelques actions va généralement diminuer votre rendement réalisé.

5. Voir l’investissement comme un jeu : augmente le risque

Investir ne relève ni du pari sportif, ni du casino.

L’envisager comme tel amène l’investisseur à passer plus d’ordres et à conserver ses positions moins longtemps.

Comme nous l’avons vu, cela impliquera mécaniquement une baisse du rendement obtenu.

Ne voyez donc pas les placements comme un jeu mais comme un processus de long-terme.

6. Vendre ses positions gagnantes et conserver ses positions perdantes: diminue le rendement

Cette attitude semble liée à la psychologie puisque l’investisseur semble rechercher le fait « d’avoir raison ».

En vendant un titre ayant bien performé et en empochant son gain, même minime, il est conforté dans son choix de l’avoir acheté précédemment.

Cela lui donne un sentiment positif de bien-être et de contrôle sur ses placements.

A l’inverse, en conservant un titre qui ne performe pas bien, il peut toujours se dire « Ahhh ce marché est fou. Ca va remonter, c’est une bonne société ».

Il se donne ainsi l’illusion qu’il ne s’est pas trompé.

Que le marché peut encore se comporter comme il l’espérait et lui donner raison.

En investissant passivement, comme je le recommande à la majorité d’entre vous, vous allez de fait conserver les titres gagnants et vendre les titres perdants.

Cela est dû à ce que les fonds passifs de type ETF dans lesquels je vous suggère d’investir, répliquent l’évolution d’indices boursiers.

La composition des indices change (lentement) avec le temps.

Ils intègrent et gardent les sociétés qui prennent en valeur et retirent de leur composition celles qui perdent trop en valeur.

Les fonds passifs de type ETF font donc l’inverse de ce que l’humain à tendance à faire et qui lui est préjudiciable.

7. Se laisser trop influencer par les médias : augmente le risque

Les investisseurs particuliers ont tendance à acheter plutôt des actions des sociétés souvent mentionnées dans les médias.

Et cela au détriment d’une analyse plus profonde de la sélection de leurs investissements.

Cela amène à suivre les tendances déjà établies, à être un « late follower » et à ce titre à généralement entrer trop tard dans une tendance déjà établie.

Par ailleurs, l’accès facile à un flux d’informations 24h sur 24 peut générer de l’anxiété et un besoin d’agir, d’être acteur de ses placements.

Céder à cette tentation aura très souvent un impact négatif sur votre rendement.

8. Trop investir dans les titres de son employeur : augmente le risque

Si vous êtes salarié d’une société cotée (et parfois non cotée également), votre patron vous a peut-être proposé d’acheter un paquet d’actions de la société qui vous emploie (souvent par le biais d’options).

Ceci peut être une très bonne chose car vous savez raisonnablement dans quoi vous mettez les pieds.

Mais ce faisant, vous allez potentiellement concentrer votre risque sur cette société.

Vous en êtes à la fois tributaire pour le paiement de votre salaire et autres avantages mais aussi pour la bonne tenue du prix de l’action qui représente désormais une part de votre patrimoine.

9. Investir majoritairement dans des sociétés proches de son lieu ou pays de résidence : augmente le risque

Cette réalité a été démontrée dans de nombreux pays (Etats-Unis, Chine, Finlande, etc.).

L’investisseur moyen tend à détenir 30% de son portefeuille actions dans des sociétés localisées à moins de 400 kilomètres de son lieu de résidence [7].

400 kilomètres, c’est la distance entre Paris et Lyon, entre Bruxelles et Francfort ou encore entre Genève et Marseille…

Le principal défaut de cette approche est le manque de diversification qu’elle implique.

10. Investir dans des produits qu’on ne comprend pas : diminue le rendement, augmente le risque

Options, turbos, trackers, CFD, produits de Forex, booster, Futures…

La plupart de ces produits sont abondamment proposés aux particuliers alors qu’ils nécessitent en réalité un niveau de compréhension important.

J’ai en mémoire cette magnifique publicité de Commerzbank pour un de ses produits dérivés: les turbos.

Beaucoup de produits dérivés sont “à effet de levier” et ça, ça peut déménager !

Faisons preuve de bon sens.

Un produit dérivé n’est pas pour tout le monde.

Seule une minorité d’investisseurs peut envisager de s’y frotter.

Conclusion

L’investisseur particulier performe sensiblement et durablement moins bien que le marché actions.

Il faut l’accepter et penser à investir autrement.

En l’occurrence, il devrait envisager sérieusement de commencer à investir passivement, c’est-à-dire acheter les actions qui composent le marché et les conserver en portefeuille pour le moyen- à long terme.

Trop compliqué ?

Pas du tout.

La solution est simple en achetant des fonds « ETF ».

J’y reviendrai en détail dans un prochain article.

Pas d’analyse d’actualités, pas de prévisions hasardeuses sur quel secteur va bien performer dans les années à venir, pas de débats sans fin avec vos amis/voisins/collègues, pas d’abonnement à des magazines économiques pour recevoir leurs “bons tuyaux”, pas de passages d’ordres toutes les semaines pour essayer de « timer » le marché, etc.

Au plus l’investisseur agit, au plus il pénalise son rendement. C’est prouvé.

Pour la grande majorité d’entre vous, il est préférable d’investir pour le moyen- à long-terme en se constituant un portefeuille diversifié qui correspond à votre profil de risque.

C’est ce que vous allez apprendre à faire en lisant les articles d’EducationFinance.

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  1. Merci pour cet article ! Qui a le mérite de vulgariser le monde financier aux non-initiés et de nous mettre sur le bon chemin de cette jungle ! Merci et hâte de lire la suite

    1. Merci ! Nous commettons trop d'erreurs faciles à rectifier quand nous investissons. L'expérience nous montre et les statistiques nous confirment qu'on doit changer d'approche. Faire plus ne veut pas dire faire mieux. Bonne semaine.

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